6 Commentaires
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Avatar de Alexander DJIS

C'est une démarche qui m'interpelle, car le texte critique la métaphysique classique parce qu’elle aurait perdu son ancrage vivant… mais il risque lui-même de reconstruire une nouvelle métaphysique implicite : celle de la profondeur psychique comme source ultime de légitimité.

On sent la fracture entre une voie initiatique structurante, et une dérive psychospirituelle auto-référentielle. N'y-a-t-il pas une différence radicale entre l'intensité existentielle, et l'orientation vers le vrai ?

Un fanatique ressent souvent davantage de “résonance” qu’un sage.

Une secte peut être psychiquement très cohérente.

Une idéologie totalitaire peut être existentiellement performative.

Un mythe peut structurer une civilisation entière tout en étant destructeur.

C’est ici que je ressens le risque : celui que la psyché peut se lover sur elle-même. Elle peut devenir un circuit fermé de validation symbolique. Et lorsque cela arrive, elle finit souvent par : esthétiser ses propres tensions, intellectualiser ses affects, transformer ses intuitions en quasi-révélations, puis appeler “profondeur” l’intensité de son auto-résonance. Car une psyché capable de produire du Sens est aussi capable de produire de l’illusion structurée.

C’est un risque fréquent dans certains héritages post-jungiens, post-nietzschéens et post-heideggériens : la dissolution progressive du réel dans l’expérience intérieure du Sens.

C'est une voie de crète exigeante, une belle entreprise. Bonne marche.

Avatar de 𖦹 Les Limbes

J’en ai bien conscience…

Aucune pensée n’est parfaite, sinon il n’y aurait plus rien à penser.

Je crois avoir toujours eu un faible pour les métaphysiques qui respirent, qui indiquent le vent plutôt qu’elles ne l’imposent.

En complément, sur la question de la résonance, peut-être y trouveras-tu quelques pistes : https://leslimbes.substack.com/p/la-danse-des-symboles?r=6ybcbr&utm_campaign=post&utm_medium=web

Un fil tendu, effectivement…

Merci beaucoup Alexander 🙏🏻

La marche sera longue, probablement même sans point d’arrivé.

Avatar de 🜁 LE VERBE VERTICAL 🜅

Tu sembles vouloir créer (ou ressentir) un espace phénoménologique à la métaphysique, où la Psychologie serait le curseur et la philosophie la puissance.

Et ce qu'il y a des gardes-fou et un système de hierarchie de principe que tu as réussi ou que tu as l'ambition de cartographier ?

Avatar de 𖦹 Les Limbes

C’est franchement plutôt bien résumé !

Pas encore — il me fallait d’abord donner l’élan. Mais ce sont des questions sur lesquelles il me tarde de me pencher, oui.

Avatar de Didi_XIXème

J'aime l'idée du réancrement de l'investigation dans la chair de l'expérience. Nous héritons de modèle phénoménologique et les prenons pour acquis. Seulement, qu'en est-il de la place laissée à l'expression perceptive individuelle ?

Nous sommes souvent des locataires épistémiques ; nous payons une dette intellectuelle aux grands noms de la philosophie. Ici, c'est l'inverse. C'est une invitation à devenir le propriétaire de sa propre épistémologie.

C'est exactement ce que tu fais ici : le phénomène ne demande pas ce qu'il «est» mais s'interroge sur comment il se donne à la conscience vécue ou bien comment la psyché rend-elle le Sens vivable ?

C'est un très bel article, très engageant. C'est une philosophie qui ose se posséder. Bravo👍.

Avatar de 𖦹 Les Limbes

Merci beaucoup Nadim 🙏🏻

Venant de toi, cela me va vraiment droit au cœur.